L’Observatoire néerlandais du jeu responsable 2025 souligne l’importance d’un Duty of Care ancrée dans la loi

L’Observatoire néerlandais du jeu responsable 2025 souligne l’importance d’un Duty of Care ancrée dans la loi

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  • 26/06/2026

Aux Pays-Bas, les opérateurs agréés de jeux d’argent en ligne ont pris, en 2025, près de 1,8 million de mesures préventives afin d’informer, d’accompagner ou, lorsque cela s’avère nécessaire, de protéger les joueurs présentant des signes de comportement à risque1. C’est ce qui ressort du premier Observatoire du Jeu Responsable publié par VNLOK, la fédération néerlandaise des opérateurs agréés de jeux d’argent en ligne. Cet observatoire, qui rassemble les données de douze opérateurs agréés, donne un aperçu concret de ce que signifie la protection des joueurs dans la pratique. Il s’agit d’interventions effectives fondées sur le comportement de jeu, telles que des avertissements, des prises de contact, des adaptations de limites, des exclusions temporaires ou encore des orientations ciblées vers des services d’aide.

Pour BAGO, ces chiffres montrent concrètement comment une obligation de vigilance claire et contraignante peut fonctionner dans la pratique, et pourquoi il est également essentiel, en Belgique, d’ancrer structurellement le Duty of Care dans la politique relative aux jeux d’argent.

L’intervention précoce produit des résultats concrets

La plupart des interventions réalisées aux Pays-Bas interviennent à un stade précoce et de manière accessible. Les joueurs ont été informés plus de 1,2 million de fois au sujet de leur comportement de jeu, le plus souvent par le biais d’un pop-up ou d’un message dans l’environnement de jeu. Ils ont également reçu plus de 182 000 recommandations visant à adapter leur comportement, par exemple en abaissant leurs limites ou en prenant une pause. Dans 21 000 cas, les opérateurs ont activement aidé les joueurs à fixer ou à réduire leurs limites. La capacité financière des joueurs fait elle aussi l’objet d’une évaluation : dans environ 75 000 cas, les opérateurs ont examiné si le comportement de jeu restait financièrement responsable. Lorsque les informations disponibles sont insuffisantes ou lorsqu’un doute subsiste, des dépôts supplémentaires peuvent être limités ou bloqués.

Une protection graduelle : de l’accompagnement à l’exclusion

Lorsque les signaux de risque deviennent plus marqués, les opérateurs passent à des formes de protection plus ciblées. Dans plus de 102 000 cas, ils ont engagé un dialogue avec des joueurs au sujet de leur comportement de jeu. Plus de 22 000 entretiens personnels ont également eu lieu. Dans près de 11 000 cas, les joueurs ont été orientés vers une aide professionnelle. Lorsque les mesures plus légères ne suffisent plus, les opérateurs peuvent donc prendre des mesures plus strictes. En 2025, des joueurs ont été temporairement exclus de la participation auprès d’un opérateur à plus de 60 000 reprises.

Cela montre clairement qu’un Duty of Care efficace fonctionne de manière graduelle : elle commence par l’information et la sensibilisation, se poursuit par un accompagnement personnalisé et peut aller jusqu’à l’exclusion lorsque le jeu n’est plus responsable. Comme en Belgique, cette approche repose sur un même principe : la protection des joueurs doit intervenir le plus tôt possible, dans un environnement agréé où le comportement peut être suivi et où les opérateurs peuvent encore intervenir à temps.

Le marché illégal reste le principal angle mort

Une étude réalisée précédemment pour le compte de VNLOK montre que plus de 95 % des publicités pour des jeux d’argent diffusées sur les plateformes de Meta proviennent d’opérateurs illégaux2. Cette situation est problématique, car la protection des joueurs ne peut fonctionner que lorsque ceux-ci restent dans l’offre légale et encadrée. Chez les opérateurs illégaux, il n’existe ni monitoring, ni limites, ni contrôle de l’âge, ni système d’exclusion, ni obligation de vigilance. Cela montre en même temps que la protection des joueurs doit aller de pair avec une offre légale attractive, visible et praticable. Lorsque l’offre agréée est trop fortement restreinte, le risque existe que les joueurs se tournent vers des opérateurs illégaux, où toute forme de protection fait défaut.

Il s’agit également d’un défi central en Belgique. BAGO a déjà attiré l’attention sur la présence croissante des sites de jeux illégaux. Aujourd’hui, un joueur belge sur quatre est confronté à des plateformes non agréées. Parmi les joueurs qui se sont exclus via EPIS, près de la moitié recommencent à jouer par l’intermédiaire de canaux illégaux3. Les joueurs les plus vulnérables disparaissent ainsi des radars et ne bénéficient plus de l’accompagnement ni de la protection nécessaires.

Ancrer le Duty of Care en Belgique

Pour BAGO, l’Observatoire néerlandais du jeu responsable confirme l’importance d’un Duty of Care claire et applicable. En Belgique aussi, ce besoin reste réel : 2,6 % de la population présente un risque de développer un comportement de jeu problématique, dont 0,6 % un risque élevé4. Les membres de BAGO se sont déjà engagés, dans le cadre de leur Duty of Care, à détecter et à prévenir le plus tôt possible les comportements de jeu problématiques, notamment grâce à un monitoring piloté par l’IA, à des messages responsables, à la formation du personnel et à davantage de transparence vis-à-vis de la Commission des jeux de hasard.

Mais la protection des joueurs ne peut pas dépendre uniquement d’engagements volontaires. C’est pourquoi BAGO plaide pour un ancrage structurel de le Duty of Care dans la politique belge des jeux d’argent. Conformément à l’arrêt de la Cour constitutionnelle, cette obligation de vigilance doit s’appliquer de manière cohérente et transversale à tous les opérateurs qui proposent des produits présentant des risques comparables5. Concrètement, cela signifie : un monitoring obligatoire des signaux de risque, des interventions proportionnées en fonction de la gravité du comportement observé, un reporting à la Commission des jeux de hasard et une meilleure coopération avec les services d’aide lorsque les joueurs ont besoin d’un soutien supplémentaire.

Dans le même temps, ce Duty of Care doit s’accompagner d’une politique plus ferme à l’égard des opérateurs illégaux. Ce n’est que dans un cadre agréé que le contrôle de l’âge, EPIS, les limites, le monitoring et les interventions peuvent réellement être appliqués. Des règles supplémentaires imposées aux opérateurs agréés n’ont de sens que si les joueurs restent effectivement dans cet environnement protégé.

À propos de BAGO

La Belgian Association of Gaming Operators (BAGO) regroupe cinq entreprises belges officiellement reconnues par la Commission des jeux de hasard en tant qu’opérateurs de jeux agréés. Tous les membres remplissent leur obligation légale de canalisation en orientant les joueurs vers une offre de jeu légale et responsable. L’association représente ainsi la majorité du marché belge des jeux de hasard, en ligne et hors ligne, comprenant les casinos, les salles de jeux automatiques, les bureaux de paris et leurs sites web associés.

Contact – info@bago.be

  1. https://vnlok.nl/wp-content/uploads/2026/06/VNLOK-Verantwoord-Spelen-Monitor-2025-11.pdf
    ↩︎
  2. https://206.wpcdnnode.com/ipsos-publiek.nl/wp-content/uploads/2024/05/23086544_noga_kansspelbarometer_rapport_v2.0.pdf
    ↩︎
  3. https://bago.be/online-kansspelen-1-op-4-belgen-speelt-vandaag-op-illegale-websites/
    ↩︎
  4. https://www.sciensano.be/sites/default/files/ga_report_nl_his2023.pdf
    ↩︎
  5. https://nl.const-court.be/public/n/2025/2025-165n-info.pdf?
    ↩︎

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